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La rapide chronique série: The Newsroom

La rapide chronique série: The Newsroom

Adrien Dubois Ahlqvist

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Une excuse fallacieuse

J’avais envie de vous parler d’une petite série que j’ai découvert et qui me tient à cœur mais que j’aurai du mal à défendre par des arguments issus de la raison et du coup je me retrouve dans une situation un peu spéciale de vous parler d’une série en laquelle je crois à moitié mais dont j’ai quand même envie de parler… pas certain d’avoir été bien clair mais ce qu’il faut retenir c’est que je l’aime bien mais que ça va être compliqué d’expliquer pourquoi. Bref je vais faire ça rapidement, histoire de cacher la mauvaise foi un peu sous le tapis.

 

Un concept grandissant

La série à a fois une sorte de soap qui raconte le quotidien et les relations entre collaborateurs d’une équipe de journalistes et l’histoire de cette même équipe qui va décider de faire les news autrement. La première partie est chiante (plus politiquement correct dit j’aime pas) dans le sens où les personnages sont pas franchement hallucinants de profondeur ou d’intérêt et que les clichés ne sont pas du tout évités. Globalement on a le présentateur tyrannique mais un peu gentil au fond qui a eu une histoire avec sa cheffe de production qui l’a trompée qui est évidement une workahlcolique un peu tarée sur les bords et complètement excentrique. On à la blonde un peu cruche qui essaie de bien faire, l’indien qui blogue (je vous parlais pas de clichés sérieusement ?), le producteur d’une série concurrente qui cherche juste l’audimat et deux trois autres personnages un peu inutiles qui auront tous soit une histoire pseudo romantique avec un autre membre ou qui feront une bourde bref… de ce côté là rien de nouveau sous les tropiques malheureusement. J’ai juste un coup de cœur pour Sam Waterson que je ne connaissais pas avant mais qui est juste magique dans le rôle du vieux briscard du journalisme qui s’accroche pour tenter de pousser le projet du chef de l’équipe (aka Will McAvoy) et faire tampon avec la direction qui veut le couler.

Bon ça c’était la partie super pénible qui remplit bien 20 minutes de chaque épisode ce qui nous laisse 20 minutes pour avoir le dur de la série, ce qui fait tout son intérêt c’est son message sur les médias et sur comment l’information devrait être diffusée. On commence tout de suite dans le vif du sujet avec en première image une citation disant que la démocratie c’est avant tout un peuple informé objectivement qui soit en mesure d’agir et juste après un débat fantoche pour des primaires dans lequel on pose des questions du genre « qu’es qui fait des USA le plus grand pays au monde » ou encore des questions sur des chanteurs de country locaux. L’idée de la série c’est de dénoncer l’information moderne dictée non plus par les faits, l’objectivité ou même la réalité mais par l’audimat, le marketing, la vente d’espace publicitaires qui rendent l’information sujette aux copinages, à rester évasif sur des questions essentiels et à trahir les idéaux du journalisme dans l’objectif de réaliser du chiffre d’affaire et de dégager de la marge. On nous y raconte le combat d’une équipe qui souhaite revenir à ses idéaux initiaux en proposant de l’information aujourd’hui qualifiée d’élitiste dans laquelle les sombres affaires de meurtre conjugaux sont considérés comme de l’amusement et donc supprimés de l’antenne au profit de débats où tous les coups sont permis contre des politiques véreux, menteurs, hypocrites et idiots où ils sont révélés au grand jour pour que les électeurs sachent pour qui ils votent. La série est superbe dans le sens où toute la médiocrité du monde des médias se voit dénoncée mais sans pour autant négliger d’expliquer pourquoi et comment cela peut se voire justifier dans un contexte de rentabilité tout en souhaitant réellement générer une prise de conscience collective non seulement quant à l’importance de l’information dans nos vies mais aussi nous faire comprendre que le journalisme si bien exécuté soit il ne signifie en aucun cas que l’esprit critique n’est pas nessecaire bien au contraire. Le cheval de bataille de la série est plutôt bien choisi puisque il s’articule autour de la montée des mouvements populistes, de la débâcle des économies développées et de l’extrémisme grandissant représenté ici sous les traits du tee party mais qui pourrait très bien être le FN français ou encore le mouvement 5 étoiles italien.

 

Alors on regarde ou quoi ?

C’est difficile d’être critique sur une série à ce point inégale dans laquelle une partie est assez navrante et où l’autre tente de dire quelque chose de si fondamental (à mon avis) et cela sous-entend d’accepter la série avec ses lacunes. Ceci étant ce qui est dit dans la série est réellement intéressant, touchant et permet un vrai regard intelligent sur l’information en général. Le manque de passion général, la bêtise des histoires de bureau et la réalisation académique est effectivement un vrai souci pour en faire une série immanquable mais comprendre comment le reporting est fait et pourquoi ainsi que comment l’améliorer est tellement important que je vous encourage vraiment à regarder ne serait-ce que les premiers les épisodes.

 

I’m Will McAvoy, good night.


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