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La grande aventure des Trophées de l’Impro

La grande aventure des Trophées de l’Impro

Alexandre Giraud

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Ça fait un peu plus d’une semaine que les Trophées de l’Impro ont enflammé l’Arène. Un peu plus d’une semaine aussi que le président de la Trente Troyes Tours me tanne pour écrire un article sur la soirée. Et un peu plus d’une semaine que je ne sais pas par quel bout commencer…

Puis d’un coup le déclic : pour comprendre cette soirée, il faut commencer par le début. C’est-à-dire il y a environ un an, dans l’arène, lors d’une des multiples réunions obligatoires. On nous y a présenté une vidéo des premiers Trophées, où des gens disaient des choses incompréhensibles, mais avaient l’air de bien s’amuser. J’avais déjà fait du théâtre, je me suis donc dit « pourquoi pas, ça a l’air sympa ! ». Je me suis donc inscrit. Nous étions une trentaine à nous lancer dans l’aventure, étudiants du groupe ESC Troyes (EMVOL, INBA, Design, PGE) et de l’Ecole Polytechnique Féminine (maintenant mixte, plus connue sous les initiales EPF).

 

ChristianLes séances d’improvisation avaient lieu tous les jeudis après-midi, sous la houlette du comédien Christian Brendel (photo ci-contre). Deux groupes avaient été formés : le premier s’entraînait de 14h à 16h, le second de 16h à 18h.

Pendant un an nous avons fait des séries d’exercices plus ou moins drôles, destinés à accroître notre réactivité, notre imaginaire et à nous désinhiber du regard des autres : nous n’étions pas là pour être jugés ! Comprendre cela est l’une des clés de la réussite, car se moquer de ce que pensent les autres nous permet de tenter des choses que nous n’aurions jamais essayées auparavant. Une autre clé est de ne pas tomber dans le REFUS DE PROPOSITION (une expression devenue culte). Tu es obligé de dire oui à ce que propose l’autre au cours d’une improvisation, et de l’inclure dans le reste de l’histoire.

Ces différents exercices nous ont permis à tous de progresser, de se lancer et de se surprendre ! De rire aussi. Le cours que j’attendais avec impatience chaque semaine était celui d’impro, car impossible d’en ressortir sans avoir pris un bon fou rire après une improvisation totalement improbable.

A tous ceux qui se disent « c’est du théâtre ! » je leur réponds que c’est totalement différent. Le théâtre tu joues une pièce, un rôle, avec un texte précis et des entrées et sorties précises. L’improvisation c’est toi qui choisit où, quand, comment…

 

Nous avons également fait une virée à Paris pour voir un match d’improvisation au théâtre du Bataclan. C’est ici que le déclic s’est fait. En plus d’avoir passé une bonne journée nous avons réalisé qu’un jour, ce serait nous qui ferions ce type de match dans l’arène.

impro Paris (1)

 

 

A la rentrée, le rythme s’est accéléré. Les deux groupes étaient réunis pour des répétitions tous les jeudis. Il a fallu constituer des équipes, se trouver un échauffement, répéter impro sur impro… Jusqu’à la date fatidique des Trophées de l’Impro, le jeudi 4 octobre 2013.

A 19h45 la salle est aménagée, les équipes sont prêtes (ou pas), les chaussettes et cartons distribués, le public se masse devant les portes de l’Arène, l’estomac se noue –le trac- et on commence à se demander si on a bien fait de manger au Macdo avant.

A 20h les portes s’ouvrent, les sectateurs entrent, et le show commence. Trois heures d’improvisations entrecoupées par des danses (Zumba au tout début, Hip-hop en entracte et Salsa pour finir).

Aux dires de tous, acteurs comme spectateurs, ce fut une soirée formidable. En tant qu’acteur, je peux certifier que cela a été l’une des meilleures soirées de ma vie. Une fois sur scène, le public est inexistant. La seule chose qui compte, c’est de jouer. Et peu importe quoi. Les sujets étaient divers et variés : « une grosse colère », « le bal des ardents », « le point cardinal », « mauvaise herbe »… Le choix pour départager les équipes a été dur. Les Noirs ont été éliminés après une improvisation mitraillette, qui consiste à improviser seul, pendant 15 secondes, sur un sujet donné, et sans temps de réflexion (des sujets comme « révolution silencieuse » ou encore « une grosse gastro »).

La finale s’est jouée entre les équipes Bleue et Rouge. Et seule la dernière improvisation a départagé les deux équipes. Les deux personnes qui se sont lancées ont dû improviser SEULES, chacun leur tour, pendant 3 minutes sur le thème « danse avec les maux » (ou Némo) et avec pour contrainte un balai. L’équipe des Bleus a emporté cette édition des Trophées, après un vote serré.

Un jury récompensait également les joueurs qui s’étaient distingués dans cette compétition. Karen (au centre sur la photo), étudiante PGE en 2ème année, a remporté l’étoile de bronze, Pierre (à gauche sur la photo), à l’EPF, a eu l’étoile d’agent. Le grand gagnant est Logann (à droite sur la photo), 2ème année de PGE, qui a décroché l’or.

vainqueurs

 

Néanmoins lors de cette soirée, personne n’a démérité. Ceux qui ne sont pas montés sur le ring étaient présents lors des cocus (concertation de 30 secondes avant chaque impro pour déterminer qui fait quoi) comme force de proposition, c’est-à-dire qu’ils suggéraient comment jouer le sujet. Les Noirs, les Rouges et les Bleus ont livré des prestations impressionnantes !

Je remercie chacun des joueurs pour cette soirée extraordinaire, le public, ainsi que l’arbitre, le présentateur, et surtout Christian, qui ne s’est jamais énervé pendant un an, même les lendemains de soirée où nous étions complétement amorphes pendant le cours.

 

Maintenant c’est à vous, premières années, de vous lancer dans l’aventure. Surpassez-vous, amusez-vous… et envoyez du lourd l’année prochaine pour des nouveaux Trophées!

 

Alexandre GIRAUD

Journaliste à la R3T


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