Fermer

Sign In

Fermer

Chronique Série: Battlestar Galactica

Chronique Série: Battlestar Galactica

Adrien Dubois Ahlqvist

+ from this author

La série de Science-Fiction hardcore

Comment vous parler de Battlestar Galactica en faisant honneur à cette série incroyablement unique dans son approche aux univers de science-fiction ? Je me dis que vous raconter les racines de l’histoire est un bon début. Battlestar Galactica est un univers né en 1978 au Royaume-Uni qui a pour le coup pondu leur second silmaril (le premier étant bien sur Dr Who) qui leur à donné leur titre de grande nation de la science-fiction et qui à su imposer ces grands cycles durablement dans le temps. Donc la racine de l’univers c’est l’histoire d’un monde (on ne dira pas si il est futuriste ou pas, je flinguerai directement le suspense) en avance technologiquement puisque l’humanité voyage au travers de l’univers et à établi 13 colonies sur autant de planètes différentes et sont même parvenu à produire en grande quantités des robots humanoïdes doté d’une certaine forme d’intelligence appelles Cylons qui vont un jour s’éveiller totalement et du coup se rebellent. Jusque-là on est toujours dans le mythe de Pygmalion où la créature échappe au contrôle de son créateur et comme c’est de la science-fiction c’est la galère pour les humains. Sauf que l’intelligence de la série c’est de ne pas s’attarder sur une querelle sans grand intérêt (les chroniques de Sarah Connor je te regarde directement) et résous le souci de la guerre en un total de 10 minutes : globalement les Cylons anéantissent toutes les formes de civilisations une fois pour toutes à grand coup de bombes bien balèzes qui te font te sentir pas top après coup. Les grandes flottes coloniales super hi-tech sont aussi anéanties par des virus qui les laissent dériver dans l’espace laissant ainsi les Cylons les anéantir sans grandes difficultés. Humanité, rideau. Bon évidement quelques mecs qui étaient à droite à gauche survivent et se retrouvent ensemble à dériver dans l’espace autour du Battlestar Galactica : un rescapé de la flotte qui était une attraction de musé, absolument obsolète, sous équipé et incapable de combattre.

 

Une série intense

La série raconte donc l’histoire des restes de l’humanité rassemblés dans leur différences autour d’un vaisseau musé poursuivi par une armada de robots sur équipés qui cherchent à éradiquer toute forme de vie humaine à tout jamais. Ce qui rend la série incroyablement haletante c’est que chaque ressource, chaque missile, chaque chasseur est irremplaçable et pratiquement irréparable ce qui met la flotte devant un risque constant de manque de ressources. Qui plus est les populations sont parqués les unes sur les autres et le manque de ressources et la peur permanente cause régulièrement des émeutes. De ces émeutes émerge une forme de gouvernement fantoche dont la seule ressource est le bon vouloir du commandant Adama, capitaine du Galactica. La série est géniale dans le sens où elle parvient à nous faire vive ce manque et les cruelles situations qu’elle engendre sans aucunes concessions, sans aucune pudeur et va même jusqu’à justifier de tirer dans le tas pour calmer les populations vu que de toute façon on ne pourra pas le faire avec tout le monde. Dans cette ambiance de fin du monde vient s’ajouter le harassement permanant des Cylons qui attaquent sans cesse la flotte et prélèvent systématiquement leur dû sur les restes de la race humaine. Histoire de se donner un objectif autre que dériver dans l’espace la flotte va se donner comme objectif de rejoindre leur planète d’origine, perdue depuis toujours et reconstruire un monde la bas. A nouveau on sent à quel point il est juste question de se battre un peu plus avant de s’éteindre et que la Terre n’est qu’un rêve fou sans espoir.

 

Des personnages inoubliables

La série est une série de passionné, pour des passionnés, par des passionnés amoureux et fins connaisseurs de la science-fiction et je ne parle pas que des décorateurs ou mêmes des scénaristes mais cela s’étends de façon incroyable aux acteurs qui portent réellement leurs personnages du fond de leur tripes ! L’amiral Adama est l’homme qui porte le poids de la survie de la race humaine sur ses épaules et l’acteur le porte pas juste dans son jeu mais aussi dans son regard et nous laisse nous projeter dans la vie de ce militaire qui devait partir à la retraite et qui va faire de son mieux dans une situation chaotique. La galerie des personnages est immense et je vais devoir faire des choix cornéliens pour vous proposer le plus intéressants, personnellement j’adore Gaius Baltar, un personnage trouble qui a des visions d’une certaine blonde et qui tout au long de la série va être tiraille entre sa survie et son intégration dans la communauté tout en restant un homme d’un égoïsme incroyable. Et comment ne pas non plus vous parler de Starbuck la pilote folle et incontrôlable le plus mémorable de l’univers ? Bref cette série est une grande suite de rencontre avec des personnages qui ne vont pas seulement ne pas vous quitter mais vous habiter des années encore après avoir fini la série.

 

Une narration et une réflexion vraiment intelligente

Battlestar est une série essentielle dans le monde de la science-fiction comme vous avez déjà pu le comprendre mais je n’avais même pas encore parlé de toute la réflexion que la série conduit au long de ses 73 épisodes sur des sujets aussi vastes que la religion, l’humanité ou encore sur le libre arbitre. Je voudrais pas trop en dire mais rapidement on découvre des Cylons dans des corps parfaitement humains aux comportements similaire à leurs modèles qui vont parfois aller à l’encontre de leur programmation pour tenter de rejoindre les hommes et dans le même temps on a des personnages qui ont une forme de tentation à aller dans l’autre sens et ces dilemmes ont des conséquences dramatiques sur les personnages qui vont les faire dans le sens où il n’y a pas forcement de bonnes solution et par conséquent il n’en reste que des mauvaises. Les Cylons en interne sont en pleine construction  »sociétale » et se posent beaucoup de questions sur les concepts de supériorité et de marche à suivre pour leur propre futur. La série pose finalement le constat non pas de une mais de deux sociétés qui ont tout perdu et doivent se reconstruire et ce souvent mais pas systématiquement en opposition l’une de l’autre tout en tentant de survivre et de se détruire mutuellement et cette similarité entre les deux situations est de plus en plus troublante et permet une vraie réflexion sur ces sujets. A nouveau on aborde des points et des arguments que l’on n’oublie pas à la fin de la série mais qui continuent de se construire et de s’étoffer en même temps que le sectateur grandit et vieillit.

 

Un amour du détail rarement égale

J’ai tendance à faire attention à ce point précis car il est pour moi représentatif de l’ambition et de l’amour des réalisateurs pour leur propre série et Battlestar Galactica est probablement (avec hero corp) l’une des séries ou cet amour transpire de partout ! Les maquettes des vaisseaux sont incroyablement détaillés et on voit le passage du temps, les réparations faites avec les moyens du bord et en même temps qu’il y’a eu une époque où ils ont fait la fierté de toute une planète. Les effets spéciaux sont toujours placés avec un minimum de grossièreté et utilisés uniquement lorsque absolument indispensable et jamais juste pour des questions de cosmétique. A nouveau les acteurs sont réellement habités par leurs personnages et incarnent avec un talent égal les moments de gloire et les moments de profonde humiliation. La musique aussi fait l’objet d’une admirable dédication et mélange les styles et les influences pour offrir quelque chose de cosmopolite qui cherche à donner quelque chose d’à la fois futuristique et à la fois qui remonte aux traditions des différents peuples qui vivent cette odyssée. La mythologie elle-même est consistante au travers des saisons, des séries et des spin offs qui viennent toujours étoffer et développer un univers particulièrement riche et intéressant.

 

Bon après faut avouer que…

Mon amour pour cet univers mature lui-même ne pourrait m’autoriser à passer outre certains problèmes objectifs de la série. J’en parlais avec un ami récemment et il me disait à quel point il avait du mal à rentrer dans la série et c’est vrai qu’après m’être largement foutu de lui je me suis souvenu de la difficulté des premiers épisodes et de la série en général qui est réellement âpre et particulièrement difficile d’accès justement à cause de ses qualités. En abordant l’univers Battlestar, peu importe de quel coin on l’attaque on se retrouve confronté à plus de 50 ans de développement de l’univers et cela signifie que pour bien comprendre les tenants et aboutissants on va devoir se tarter du travail à la maison, de la lecture de blogs, des vidéos, des making-of et ainsi de suite. Pour ceux qui connaissent c’est un peu le même délire que quand on décide de commencer Doctor Who. Le second gros reproche de la série et en général de la narration dans la franchise c’est son manque de rythme qui, bien que participant énormément à la narration ainsi qu’à l’ambiance, rendent parfois une saison longuette et parfois même franchement chiante. Après il serait dommage de se priver de la profondeur de ces épisodes en apparence inutile et longuets dans le sens où c’est ces épisodes qui distillent l’essence et l’âme de l’univers et que c’est aussi ça l’ADN de la science-fiction (regardez 2001 a space odyssey et vous verrez). J’ai aussi envie de défendre ce style de narration car il va à contre-courant de l’action inutile et parfois débile balancé à tout va dans de trop nombreuses productions où l’action n’a pas sa place.

 

So say we all

Evidement qu’il faut se ruer sur la série pour les 20’000 raisons évoquées plus tôt, c’est une série culte, pilier et berceau de la science-fiction ! C’est le pont entre la SF moderne et classique et elle continuera d’exister encore indéfiniment dans le cœur des fans et je suis prêt à parier que dans 30 ans non seulement on en reparlera mais même on la remakera. La question n’est pas de savoir si il faut la regarder ou pas mais bien d’avantage quand la regarder : c’est une série réellement chronophage qui perd sa saveur quand consommée à outrance : vous ne sifflez pas un bon vin comme un clochard descend son pif non oula non ! Vous la respirez, la laissez décanter avant de la reprendre, appréciez sa robe et l’art qui a permis au raisin brut de devenir aussi magique, vous le respirez et ensuite le faites tourner pour découvrir chaque arome, chaque note, chaque nuance et là seulement là on peut dire qu’on sait profiter des bonnes choses. Si vous voulez juste du rouge regardez ce que vous voulez mais pas Battlestar ! Prévoyez du temps, renseignez-vous sur l’univers et prenez le temps d’aimer les personnages, vraiment vous m’en remercierez.

 


Commentaires Nouveau commentaire

Laisser un message

* champs obligatoire