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Chronique Cinéma: le bon, la brute et le truand

Chronique Cinéma: le bon, la brute et le truand

Adrien Dubois Ahlqvist

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Il buono, il brutto, il cattivo

Mes bons amis, aujourd’hui on va faire un retour dans le temps, un retour en 1966 pour être exact pour parler du grand, de l’immense, du titanesque et du gargantuesque the Good, The Bad and the Ugly ! Ce film est juste un monument du cinéma et une œuvre inoubliable pour un nombre de raisons tout bonnement ahurissant qu’on va essayer de décrire en ce matin de novembre. Pour les quelques personnes qui auraient vécu sous un caillou ces 50 dernières années le bon, la brute et le truand est probablement l’un des film les plus mémorables de la grande époque des westerns spaghettis qui pullulaient dans les années 50-60 qui raconte comment trois aventuriers des plaines aux intérêts et aux personnalités divergentes vont se retrouver embarqués dans une chasse à la fortune grandiose en plein milieu d’une guerre de sécession qui fait rage.

 

Une histoire rocambolesque

On à déjà couvert un peu du plot de départ mais vu que le film dure 3 heures la mise en place prends pas mal de temps et du coup il y’a pas mal de choses à dire. Les trois personnages sont tous des hommes indépendants, égoïstes, brutaux et cupides ce qui les rend immédiatement sympathiques et c’est après une longue présentation de chacun d’eux que le film débute enfin. Le bad est un chasseur de primes embauché pour un assassinat qui découvre l’existence d’un butin caché et qui va rapidement se mettre à la poursuite de ce dernier. A côté le couple Blondie / Tuco est bien plus haut en couleur mais finalement pas beaucoup plus reluisant puisque leur partenariat se base sur l’idée de rapporter un criminel, empocher la prime, le faire pendre et juste avant qu’il rende son dernier souffle Blondie (incarné par un Eastwood incroyable) coupe la corde avec un tir pas piqué des hannetons et les deux s’enfuient avec le pactole. Le brio de ce partenariat c’est qu’il repose sur une confiance sans bornes de Tuco envers Blondie alors que les deux sont fondamentalement égoïstes et cupides et que finalement la seule raison de blondie de lui sauver la vie c’est de pouvoir retenter le coup ailleurs. Ce qui devait arriver arrive et Blondie (le bien nommé) double Tuco et le laisse dans le désert à rôtir au soleil. Après une scène de pillage d’armurerie inoubliable (je veux pas vos gâcher la surprise mais ceux qui l’ont vue s’en souviendront encore) Tuco rattrape blondie en lui expliquant que la vie est divisée entre les salauds qui passent par la porte et ceux qui passent par la fenêtre et le trimbale à son tour dans le désert histoire de le faire bien souffrir avant d’y crever. On était bien loin de cette histoire de magot quand d’un coup arrive une calèche pleine de soldats morts que Tuco s’empresse de dévaliser avant de se rendre compte qu’un respire encore et lui révèle l’emplacement de ce fameux magot. Le génie du film arrive à ce moment précis où le soldat meure sans avoir révélé les derniers points de l’emplacement du butin qu’il a révélé a un blondie à l’article de la mort le rendant ainsi immédiatement essentiel à la richesse de Tuco. Aucun des deux n’ayant la totalité de la carte ils vont devoir essayer de s’entendre pour devenir finalement riche.

Ca c’était le synopsis général de l’histoire mais croyez moi quand je vous dis qu’on va en voir des choses : des prisons confédérées, des champs de bataille depuis les troupes de l’union, des déserts, des villes fantômes bref, on se fait sans cesse plaisir et on ne s’ennuie jamais tant les personnages sont des crevures, des salauds à tel point qu’il dégagent une humanité surprenante sans jamais les faire tomber dans les écueils du cliché.

 

Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses !

Eh oui cette fameuse réplique est bien issue du bon, la brute et le truand et franchement d’autres phrases aussi fortes vont vous rester en tête ! Vous avez surement déjà entendu parler de Sergio Leone, un mastodonte du western puisque il a aussi réalisé il était une fois dans l’ouest, et pour quelques dollars de plus ainsi que pour une poignée de dollars de plus ou encore il était une fois en Amérique. La réalisation générale du film est réellement racée : à la fois élégante, prenante et qui tient en haleine tout du long du film. Il maitrise aussi bien les scènes pratiquement vides, avec peu d’enjeu et peu d’éléments à montrer que les grandes scènes de batailles épiques ce qui rend le film particulièrement homogène et lui permet d’éviter l’écueil de l’ennui. Immanquables de l’époque les scènes de défi au colt sont réellement angoissantes, prenantes et parviennent réellement à générer la peur du danger par empathie pour les personnages principaux quels qu’ils soient. J’ai aussi un immense respect pour le responsable de la photographie pour le travail qui est réalisé tant au niveau des couleurs qu’au niveau des panoramas (immense coup de cœur pour la scène finale qui est grandiose !!). Enfin sans tomber dans l’archtéype idiot du « c’était mieux avant » j’ai quand même envie de les féliciter pour avoir réussi un tel film avec un budget d’environ 1’200’000$, comparé aux 222’000’000$ de the Avanger je trouve que le ratio argent investi / plaisir à l’écran est infiniment supérieur pour le film de Sergio Leone ! Même pour le spectateur le la comparaison entre les deux est dommageable pour le film américain puisque moins varié, moins riche et moins personnel que le bon la brute et le truand. J’aimerai aussi féliciter Ennio Morricone pour ses musiques qui vous transportent littéralement dans cette ambiance western notamment ma préféré, celle du générique : Per Quzlche Dollaro In Più dont vous trouverez le lien en bas de la page.

 

Je vais dormir tranquille parce que je sais maintenant que mon pire ennemi veille sur moi…

Malgré le chef d’œuvre qu’est le film il souffre tout de même d’un certain vieillissement tant au niveau de l’image, de la construction scénaristique et plus généralement du rythme. Comprenez bien que j’ai un immense amour pour ce film mais que le regarder en 2013 implique tout de même un visionnage avec des repères différents de ceux que ce film à permis d’établir lors de sa sortie. Le film est relativement lent et c’est d’autant plus dommageable que c’est principalement le cas au début : le film met bien 45 minutes à une heure pour être réellement lancé ce qui signifie qu’il faut vraiment être décidé à regarder le film pour en profiter comme il se doit. La plupart des scènes même d’action sont relativement lentes ce qui permet de mettre l’emphase sur l’aspect dramatique et l’impact que la scène peut avoir pour ses protagonistes mais quand on est habitué aux films surcutés avec plus d’explosions que de figurants sur fond de musique épique il faut bien un moment pour s’y habituer. Le film est objectivement très long et met malheureusement un certain temps à démarrer et dans l’ensemble la longueur s’installe régulièrement mais jamais au détriment de l’ambiance ou de l’histoire ! Les couleurs aussi que j’ai loué un peu plus tôt vont aussi vous faire replonger dans le passé puisque bien moins riches et contrastées que maintenant ce qui peut piquer au début mais participe au charme de se repasser un tel classique et je suis intimement persuadé que le même film remasterisé pour se complaire dans les normes actuelles aurait finalement beaucoup à perdre et le desservirait plus qu’autre chose. Les bonnes choses viennent à ceux qui savent attendre et s’en montrer digne et The Good, The Bad and the Ugly est réellement un cas d’école dans ce cas précis. Il serait franchement dommage de vous priver d’un tel monument qui à autant à offrir et qui en dit beaucoup sur le cinéma de l’époque ce qui apporte un vrai point de comparaison avec la façon dont Hollywood fait son cinéma de nos jours.

 

L’armée qui aura le plus de bouteilles pour ses soldats avant d’les envoyer se faire massacrer… Aura gagné. Hahaha, et oui. Avec ceux qui sont sur l’autre rive du fleuve on n’a qu’une chose en commun : On pue tous l’alcool.

Vous l’aurez compris j’ai été absolument convaincu de ces trois heures passées avec ces salopards égocentriques dans les déserts et les plaines d’Amérique autant que de ce retour en arrière dans l’histoire du 7e art et si c’est une épopée parfois difficile laissez-moi vous dire que le chemin en mérite largement la peine ! C’est un film rugueux, parfois âpre mais rempli de tant de chose, de talent, de maitrise et d’ambitions réussies qu’il mérite sa place au panthéon du cinéma ! Franchement si vous n’êtes pas d’accord je veux bien payer les 30 pintes qui seront indispensable pour m’en convaincre mais si vous vous trouvez aussi conquis que je l’ai été je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur le reste de la collection de maitre Leone dont j’ai parlé plus haut, si vous avez été rebuté par l’ambiance vraiment rétro mais que vous avez aprécié le voyage je conseille de voire Rango (oui c’est une marotte), Hell on Wheels, 3 :10 to Yuma voire True Grit.

 

Un dernier mot pour la route, n’oubliez pas que « quand on tire, on raconte pas sa vie… »

 

Ouverture du film : http://www.dailymotion.com/video/x646u1_the-good-the-bad-and-the-ugly-openi_shortfilms


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