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Chronique cinéma: Gravity

Chronique cinéma: Gravity

Adrien Dubois Ahlqvist

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Trois petits tours et puis s’en vont!

Hier je suis sorti au ciné pour essayer un film qui me faisait du pied depuis longtemps et au cas où ce soit chiant j’ai pris la précaution de trimbaler une nana pas trop moche ni trop regardante (on peut être dingue et réaliste à la foi, si si !). Au risque de vous spoiler dès le début je n’ai pas pensé un quart de millième de seconde à la nana tellement ce film m’a pris, plaqué contre le mur et retourné !! Ah ce film mes aieux !!!! Quelle claque, quelle séisme, quelle merveille !!! Bon je vais me clamer et essayer de pondre un papier qui vous explique pourquoi même le lendemain je m’en suis pas remis ! Le film nous raconte l’histoire d’une sortie spatiale visant à bricoler notre bon ami Hubble, tout se passe bien : Clooney fait l’idiot avec un jet pack, le black s’envoie en l’air et Ryan (la nana, si je te jure) fait semblant de bosser, bref bonne ambiance ! Sur ce les russes font sauter un de leur satellite générant de la sorte un immense nuage de débris qui se baladent à la vitesse du son autour du globe. Ce qui devait arriver arrive nos amis insouciants se font saucer et Ryan se retrouve détachée du reste de l’équipe et se retrouve propulsée en dehors de la navette et dérive dans l’espace et en s’éloignant elle tourne sur elle-même et se confond dans la noirceur du vide spatial. Le reste du film raconte comment Ryan et Clooney vont tenter de rejoindre le plancher des vaches, je veux pas m’étendre sur l’histoire puisque elle est juste magnifique, prenante, émouvante et vous tiendra en haleine durant chaque seconde de cette merveille !!  

Dans l’espace personne ne vous entendra crier

Ce film est un rêve devenu réalité pour tous les fans de science-fiction et d’espace en général puisque cette fois on est vraiment dans un espace sans air, sans son, sans gravité, froid, vide et implacable ! Les quelques dialogues sont dus à la présence de la radio qui disparait très très vite, les quelques sons sont issus de vibrations qui remontent jusqu’au crâne et aussi surprenant que ça paraisse, le réalisateur parvient à nos faire ressentir que c’est vraiment la vibration de la perceuse qui se propage au travers des os du perso ! L’absence de gravité est réellement poussée et loin d’un gimmick on ressent sans cesse l’impuissance absolue des astronautes quant à l’impossibilité de se mouvoir dans l’espace ni même de contrôler ses rotations : quand Ryan est éjectée de la navette elle pivote sur elle-même extrêmement vite en s’éloignant de toute forme de vie à tel point qu’on en a presque la nausée ! L’absence de gravité se ressent dans tous les mouvements, tous les déplacements, toutes les errances des débris spatiaux ainsi que dans chaque objet placé en apesanteur ! Ce qui est remarquable c’est que rapidement on se sent fondamentalement immergé dans ce monde sans gravité ni aucune force pour restreindre les mouvements même a fond de son fauteuil ! L’oxygène est aussi un souci majeur dans la première partie du film, on ressent profondément ce danger omniprésent et que chaque inspiration et que chaque seconde est autant d’oxygène qui ne reviendra jamais, cette rareté dans des ressources si simples, si naturelles sur terre deviennent des cas de vie ou de mort et ce savoir fait ressentir au fond de chaque cellule de notre être que la vie n’est fondamentalement pas la bienvenue la haut. J’ai pas trop envie de vous en dire d’avantage au risque de vous retirer ce plaisir de la découverte mais croyez-moi, ce que je vous ai décrit n’es vraiment que le début du voyage.  

Une réalisation magistrale

La réalisation est à couper le souffle ! Désolé d’y aller si franchement mais commencer à couper le cheveu en quatre serait une insulte au brio qui est exposé à nos yeux durant une heure et demi de pure orgasme. J’ai envie de vous parler de notre bonne vieille terre qui très loin d’être une simple liste de panoramas sympa devient un objectif inatteignable mais aussi le spectateur impassible d’un drame humain majeur ! La terre est toujours filmée comme un personnage muet mais en évolution constante, à chaque instant on est fondamentalement conscient que sur terre la vie suit son cours, que la nuit succède au jour et que personne ne sait ce qui se passe au-dessus de leur tête ! C’est aussi un personnage magnifique qui est présenté sous ses différents angles et c’est suffisamment intelligemment fait pour que l’on sache toujours où l’on est : au-dessus du Nil, au-dessus du pacifique ou du Vietnam et cela combiné à l’immensité de la planète la rend magnifique, lointaine et pourtant si proche… Comme si cela ne suffisait pas tout est fait avec une sobriété qui force le respect, pour vous donner un exemple dès le début un des membres de l’équipage à sa tête traversée par un débris, un truc bien bien brutal quoi ! Eh bien ce n’est pas sanguinolent, pas un peu gore rien d’autre d’une tête avec un trou béant de part en part, la visage violacé par le froid et la sensation que ce qui était avant à la place de ce trou à été éjecté avec un force et une brutalité sans commune mesure. A nouveau je vous parle pas des plan de caméra hallucinants, des cadrages incroyables, de la lumière qui fait pleurer ni même des idées dissimulées ici et là qui ne font jamais la part belle à la facilité. L’espace et la terre sont deux personnages magistraux, muets, menaçants, inquiétant qui offrent un voyage comme j’en ai rarement vécu.  

Du sang et des larmes

Je pourrai m’étaler des heures sur des quantités d’éléments magiques mais j’ai vraiment la sensation que si je parlerai d’autre chose ce serait manquer de respect à Sandra Bullock qui se donne à l’écran comme on à rarement vu ! Pour faire ce film l’équipe à développé une technologie qui permet de simuler la micro gravité de sorte que les acteurs soient réellement en condition de sortie de l’espace et la techno étant un peu compliqué à mettre en place les acteurs, surtout Sandra puisque seule la plupart du temps à passée jusque 11h dans ces systèmes, en micro gravité. Ce qui est hallucinant c’est que ce temps passé en situation à un impact réellement profond sur son jeu qu’il s’agisse de ses mouvements, de la profonde fatigue que son visage exprime, de l’impuissance que son regard nous renvoie et même de la façon dont elle s’exprime. En plus de cela son personnage est profondément touchant puisque Ryan est quelqu’un de renfermée sur elle-même depuis une catastrophe personnelle qui une fois confrontée au silence, à la solitude et à la mort recherche désespérément la présence d’un autre être humain, peu importe comment ou même en quelle langue. Cette aventure est une expérience à la fois absolument traumatisante et en même temps la transcende et lui fait dépasser son état et en cela sa détresse est touchante et nous permet de nous projeter dans la tête de Ryan et de vivre cette aventure non pas avec elle mais à sa place !  

Retour au monde terrestre

Que ressent-on à la sortie de ce film ? Une immense sensation de redécouvrir le monde dans lequel on à tous toujours vécu avec un nouveau regard, un nouvel œil sur l’espace et le travail des astronautes et un immense plaisir !! C’est incroyablement rare de vivre une telle histoire, un tel voyage, un tel travail… en sortant c’est très simple : j’ai hurlé ! J’ai hurlé tellement ca fait du bien de voir un tel chef d’œuvre à tel point que j’avais qu’une envie c’était de retourner à la file sans avoir encore vu le film et c’est pour moi la preuve que mes 8€ ont été infiniment inférieur à ce qu’on m’a donné, et on m’a rarement autant donné !! Alfonso Cuarón, je t’aime !!!!!!!!!!!!!!!!!!!


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