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Chronique Ciné : Lone Ranger

Chronique Ciné : Lone Ranger

Adrien Dubois Ahlqvist

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You know there is nothing strange in being a jewish cowboy

Derrière cet hommage à la superbe chanson de Socalled que j’adore j’ai envie de faire l’inverse de ce que je fais d’habitude à savoir défendre un blockbuster détesté par tout le monde, j’ai envie de vous parler de Lone Ranger ! Bon on va se mettre bien d’accord  dès le début ce film n’est définitivement le film de l’année et peut même se demander poliment si ça suffit même pour être un film du mois… allez on va s’accorder pour dire que c’est un film de mois de juillet par exemple. Ce que j’ai envie de réaliser ici c’est de rendre son honneur à un film à méga budget sans grande prétention autre qu’un vague amusement pour le plus grand nombre qui s’est transformé en l’un des plus grands flops de l’histoire dépassé seulement par John Carter qui avait représenté une perte de plus de 230 millions d’euro pour disney, ici on parle quand même de 125 million de perte sèche qui est pour moi injustifié. Attention ne nous emballons pas mais pour revenir sur Elysium, que je considère comme une bouse immonde (je me suis fait engeuler pour l’avoir à ce point descendu du coup j’en remets une couche ;)) à rapporté plus que Lone Ranger et ça, même dans la course à la médiocrité moderne (ca fait pas un tout petit peu trop hister comme phrase ? je me demande) je trouve ça pas correct.

 

Orff ça va être sioux…

Allez entrons dans le vif du sujet et déflorons gaiement le sujet ! Lone Ranger c’est un peu la réponse de Disney aux films de Marvel et de DC qui a bien envie de profiter du retour aux icones des années 80 et comment le faire mieux qu’avec des six coups, des canassons et des gens trop peinturlurés pour être crédible ? EN un mot comment faire ça mieux qu’en retournant aux Westerns ???? Autant être très honnête avec vous dès le départ : je suis ultra fan de ce retour timide des westerns dans les box offices ces dernières années, j’ai adoré True Grit, je rate pas un épisode de Hell On Wheels et l’ambiance de Django m’a transporté même si j’ai des problèmes avec son réalisateur Tarantino qui est probablement le réalisateur le plus over rated de ces années. Bref de cet aparté on aura retenu que je suis parti avec une certaine tendresse pour ce film qui est rapidement parti en fumée quand le film commence avec des chants d’église dans un train et un mec qui pisse dans une bassine… Là je me suis dit que j’allais passer une très très mauvaise paire d’heures. En fait tout le début du film est vraiment catastrophique, de l’histoire d’amour ratée qu’on comprend pas franchement à l’introduction de l’indien en passant par un crash de train. La première demi-heure est un moment terrible à passer parce qu’il ne s’y passe rien, tout est déjà vu et assez convenu bref on se fait chier sec ! Et puis paf le héros meurt, au bout d’une demi-heure et le film commence ! Globalement ça nous raconte l’histoire d’un jeune blanc bec sorti de la fac de droit qui veut devenir Texas Ranger (comme papa et grand frère) et qui va devoir venger la mort de son frère avec l’aide d’un indien un peu fada à quoi on rajoute une classique bataille avec les indiens et un peu de cupidité de blanc. Franchement l’histoire vaut pas grand-chose et devient parfois confuse en se perdant dans son désir de remplir ses deux heures et demie de bobine.

 

Une ambiance rafraichissante

La vraie richesse de ce film tient finalement en son ambiance, on voyage énormément, rencontre des personnages hauts en couleurs, visite des lieux un peu aberrants mais sympa et les situations sont globalement sympathique sans jamais réinventer la roue mais suffisamment correctement amené pour être agréables et amusantes. Le petit truc qui me dérange beaucoup finalement c’est que j’ai horriblement l’impression de voir Pirate des Caraïbes 32 quand même plutôt qu’un petit Rango… On y retrouve le duo de personnages dont un haut en couleur interprété par monsieur Deep et le jeune candide, on y retrouve la femme un peu perdue mais pas si faible, les pseudos relations avec les mythologies indiennes, les méchants qui sont censés faire peur mais auxquels on croit pas trop, les thèmes de la cupidité et de l’extinction d’un mode de vie… Bon ca pourrait pas être une trop mauvaise chose si à l’origine ça avait été subtil et drôle mais putain revoir le side kick du méchant se déguiser en femme et avoir la même tronche que celui du premier pirate des caraïbes ca devient terriblement lourd et la blague qui était déjà pas bien drôle en devient réellement pénible et nous donne cette affreuse sensation de voir une photocopie trop fade d’un film déjà vu, revu au fur et à mesure des remakes et suites. Et franchement c’est pas un détail parce que sur deux heures et demies ce sentiment ne fait que grossir et grossir et grossir encore jusqu’au moment où l’on se sent mal à l’aise de repayer encore pour le même film qu’il y’a 8 ans. Après de façon surprenante c’est pas si systématiquement insupportable puisque le film parvient, j’allais dire à se réinventer mais ca non, à proposer suffisamment de diversité dans son contenu qu’on y retourne rapidement après une petite longueur avec un certain enthousiasme en fin de compte.

 

Une pellicule respectable

Comprenez mon attente sur ce point mais après Elysium il était hors de question que la caméra parte en sucette à la moindre fusillade et de ce point de vue là j’ai été franchement surpris : le film est tout le temps lisible, compréhensible et sans nous surprendre fait le job et le fait assez bien surtout quand on considère la quantité de scène d’action du film. Ceci étant je suis franchement dérangé par certaines techniques employées par le film mais par-dessus tout j’ai envie de tuer le mec qui à eu l’idée de mettre en place cette fichue mise en abime ! Ce que j’ai volontairement pas dit c’est que le film est raconté par l’indien qui raconte son histoire à un gamin qui l’interrompt tout le temps !!! C’est juste insupportable parce que chaque fois que ce petit con la ramène on sort totalement de l’intrigue pendant une minute ou deux pour expliquer aux enfants et aux crétins en général les tenants et aboutissants d’une histoire pourtant simple ce qui fait que non seulement on a l’affreuse impression d’être pris pour un con (et c’est quelque chose qui est rédhibitoire pour un film pour moi) mais en plus on est sorti de TOUTES les scènes d’actions parce que bien sur ce blaireau est perdu seulement pendant les scènes d’action!  En dehors de ca certains effets spéciaux sont un peu cheap et on sent que beaucoup de scènes ont pour seul et unique objectif de remplir un cahier des charges. Je vais vous raconter la scène la plus emblématique de toutes, à un moment y’a une charge indienne de nuit, ils se font décimer en deux seconde et trente-deux centièmes, plein de morts et pof fini. La scène a aucun intérêt scénaristiquement, artistiquement non plus et on à presque l’impression que ce pauvre Gore Verbinski à été obligé de la caler et que ca le gave un peu et le truc c’est que ce film est plein de ces scènes. Globalement le film manque de passion  et d’envie ce qui en fait vraiment un produit adressé à une cible pensée avec des clients et des clients potentiels voire au cercle social élargi des clients. Ça sent la commande de partout mais bon encore une fois pour le coup ca peut passer vu qu’on est globalement devant un bon divertissement. J’ai quand même un gros problème avec Deep qui a toujours le même jeu depuis Edward aux mains d’argent et qui à conservé de ce grand film toutes ses mimiques et à la fin j’en ai un peu assez de le voir se recycler autant, ça en devient pénible et ça tue tous ses personnages systématiquement.

 

Alors, étron ou quoi ?

Mais pour une fois j’ai envie d’être plus modéré dans mes propos, je comprends qu’on puisse détester ces films, c’est vrai que ca sent l’argent de partout que le cahier des charges vous hurle ses demandes et les producteur leurs ordres directement dans vos oreilles en mode « eh mec regarde, la on a mis le gros paquet de fric, ca tue hein ! » ! C’est dur de dire qu’artistiquement ca casse trois pates à un canard, je pense à toutes ces scènes avec Helene Bonham Carter qui mélangent vulgarité, bêtise et une indécence calculée (eh oui c’est pour les gosses aussi mec) avec une absence de retenue désarmante et un évident manque d’ambition ou disons d’envie. Maintenant la copie est assez correcte tant aux niveaux de la caméra, de la réalisation voire des décors mais elle est surtout très correcte dès qu’on considère ce Lone Ranger comme un film correct devant lequel se déconnecter avec des amis ou sa famille. C’est un film qui à d’immenses lacunes qu’il serait débile de renier mais aussi des qualités qui ont occultés à cause de son budget, de l’immense échec de la tentative précédente de Disney John Carter et d’une campagne marketing trop intensive qui a fatigué avant même les premières projections. Ce n’est pas un grand film mai un film de mois de juillet auquel il serait légitime de rendre une forme de décence ou d’honneur et d’arrêter d’en faire un film interdit à ce point.

Alors que regarder si on a envie d’un film dans ce genre mais de meilleure qualité ? Franchement j’ai envie de vous dire Rango, Rango et Rango ! C’est probablement l’un des meilleurs films d’animation qui soit qui est à la fois drôle, touchant, émouvant et qui raconte une belle histoire avec des petites astuces franchement bien trouvé pour la raconter. C’est pour moi un diamant parfaitement ciselé tant dans la forme que dans le fond devant lequel je ne vois pas comment on peut rester de marbre. Pour les plus hardcore je vous conseille True Grit qui est un peu le renouveau du western à la fois riche et dépaysant (même si Matt Damon je peux plus le voir) où tout en respectant les codes du western les remets au gout du jour de façon sobre et élégante.

 

Lien pour la chanson: http://www.youtube.com/watch?v=N_QZNtflyJA


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